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Allergie au pollen, pourquoi vous ?

09 Avril 2018
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Allergie au Pollen, pourquoi vous ?

 

Au jardin, en pratiquant votre passe temps favori, comme 1 français sur 3 vous êtes peut être sujet à une allergie au pollen. On a beau Jardiner Nature, rien n’y fait, une fois le printemps arrivé, avec les beaux jours PAF ! Le nez qui coule, les yeux qui pleurent, c’est parti pour la galère.


Pourquoi sommes-nous autant de personnes concernées ?

 

Qu’est-ce qui a autant changé pour que près de 30% de la population soit sujette aux allergies aujourd’hui?  Dans les années 70, seul 5% de la population était sensible à une allergie au pollen. Aujourd’hui 30% des adultes et près de 20% des enfants selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sont sujet aux allergies aux pollens.

 

Selon cette agence, le nombre de personnes concernées par des symptômes d’allergies respiratoire aurait même doublé ces 20 dernières années dans les pays dits industrialisés (tiens tiens…)

 

La nature est-elle devenue si dangereuse pour nous humains? En tout cas c’est ce que les titres de la presse peuvent nous faire penser.

 

Mots choisis

 

“Alerte au pollen sur une grande partie de la France !”, “L'arrivée du soleil signe le retour du pollen. Depuis plusieurs jours, l'ensemble du pays est touché de plein fouet par une importante vague de particules. Gare aux allergies.”

Tiens des particules? C’est dangereux les particules? Ah oui c’est vrai on empêche les voitures de circuler à causes des particules. Mais au fait à propos de particules, vous saviez que pour produire autant de particules que quand on brûle 50 kg de déchets verts (2 brouettes) quand on fait son ménage de printemps au jardin, il faudrait rouler près de 20 000 km avec une voiture essence moderne (donc théoriquement économe) - source AIR Rhône-Alpes.

 

Ces particules qui volent au vent toute l’année est-ce qu’elle ne nous aideraient pas un peu à devenir de plus en plus sensible aux particules qui provoquent les allergies au pollen?

 

“Attention aux allergies, le pollen est de retour !”

Je ne comprend plus, on pleure la disparition des abeilles mais on à peur du pollen? Heureusement qu’il est de retour ! Sinon comment les fleurs seraient pollinisées justement, comment les fruits ou les légumes pourraient pousser, du coup comment on pourrait manger tout simplement ?

 

Oui pour les personnes allergiques, c’est le début des soucis, j’en conviens. Alors on ressort toute la panoplie des trucs et astuces, des conseils pour se protéger (ben oui c’est dangereux ces petites choses, ça pénètre partout), mais s’est on déjà posé la question de l’origine des allergies? Pourquoi ?

 

“Allergies aux pollens : les bouleaux attaquent !”

Ça y est ! Ils ont trouvé l’ennemi! Le Bouleau ! Bien sûr c’est évident, c’est le bouleau qui envahis nos villes et nos champs, qui a doublé sa population en 20 ans, attaquant de plus en plus de nos concitoyens à chaque printemps. C’est le bouleau aussi qui doit rendre notre air irrespirable… Attention d’ailleurs chaque matin en partant (au boulot)  de ne pas croiser un bouleau au coin de la rue, des fois qu’il vous souffle dans le nez…

 

Le Pollen est-il devenu l’ennemi public numéro 1? Ou est-il l’arbre qui cache la forêt d’autres causes… pourquoi on nous fait autant peur dans ces titres d’article ? A qui profite le crime ?


Comment sommes-nous devenus allergiques à notre environnement?

 

J’ai bien ma petite idée mais malheureusement je n’ai pas la réponse, j’ai donc fait quelques recherches sur l’allergie au pollen.

 

Un peu d’histoire

 

C’est Hyppocrate à l’Antiquité qui le premier décrit ce phénomène allergique. Mais c’est au XIXème siècle que des médecins s’interrogent et cherchent pourquoi. En 1873 Charles Harrison Blackley débute des travaux de recherche qui le conduisent à découvrir que le rhume violent qui l’incommode chaque été est causé, non pas par le foin sec, mais par une allergie au pollen des fleurs. Il continua d’étudier les pollens pendant 25 ans.

 

Mais c’est seulement en 2014, que des chercheurs autrichiens qui étudient les allergies au pollen de bouleau, découvrent un mécanisme possible de déclenchement de la réaction allergique. Je vous passe les détails mais ils expliquent que nos cellules (Th3) qui défendent notre corps des allergies et parasites, sont moins présentes que les cellules (Th1) qui réagissent aux infections bactériennes ou virales. Et que des carences en fer dans ces cellules (Th3) favorisent leur fragilité. Comme le fer est de plus en plus présent dans les pollens de bouleau, il y prend sa place (dans nos cellules), provoquant une réaction allergique.

 

Erika Jensen-Jarolim, directrice du département médecine comparative et co-auteure de l’étude précise même que « Les études actuellement en cours indiquent qu’on peut appliquer le principe du pollen de bouleau directement aux autres allergènes avec des structures moléculaires similaires. Par conséquent, nous commençons pour la première fois à comprendre pourquoi les allergies aux pollens, aux aliments et aux spores fongiques (champignons) sont en hausse »

 

On y viens, ce serait bien la pollution de notre environnement qui est liée au nombre croissant d’allergies, et pas notre environnement lui même. «  La charge en fer dans la protéine de bouleau (dans le pollen) pourrait être liée aux conditions environnementales dégradées auxquelles sont exposées les plantes. Il peut même y avoir un lien direct entre la pollution de l’environnement et la hausse des taux d’allergie » nous expliquent les chercheurs.

 

Nos comportements ont changé, nous avons modifié notre environnement c’est bien là l’origine de bon nombre de nos soucis de santé. Et si pour une fois on cherchait à limiter les causes et pas seulement à traiter les conséquences ?


Vous pouvez agir dans votre jardin

 

Ce n’est pas en jardinant que vous allez limiter votre allergie au pollen. Cependant, c’est en étant confronté dès le plus jeune age à nos différents « agresseurs » que notre corps apprend à se défendre et à résister. Si vous restez dans des environnements intérieurs aseptisés, et pollués par d’autres émanations (les COV par exemple qui s’évaporent de vos sols synthétiques, de vos peintures et de vos meubles), vous augmentez les risques de survenue d’une allergie. Vous pouvez tout de même agir dans votre jardin.

 

La majorité des particules fines ont pour origine la combustion. Commençons par éviter d’en produire. Fini de brûler les herbes sèches, les fanes de légumes ou les plantes malades. Elles ont tant de richesses à rendre au sol de votre jardin. Il suffit de les composter, ou de les utilisez pour couvrir (pailler) votre sol nu.

 

Autre avantage à ces pratiques, vous faites des économies d’engrais, vous arrosez moins et vous avez beaucoup moins d’herbes indésirables dans votre potager ou votre jardin d’agrément. Et vous n’avez plus besoin de faire des voyages à la déchetterie (moins de combustion de carburant…).

 

Ça vous tente ? Vous maîtrisez déjà parfaitement le paillage, ou le compostage ?
Non ? Alors je vous propose un guide gratuit pour apprendre à composter sans soucis. Il vous suffit de le télécharger ici.

 


Pour finir, si vous êtes concernés par les allergies aux pollens et que vous voulez anticiper vos soucis, vous pouvez consulter le site du Réseau National de Surveillance Aérobiologique.

 


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